La nouvelle loi sur les pêches du Canada aidera les écosystèmes et les humains

Pendant 151 ans, le Canada, qui abrite le plus long littoral du monde (151 019 milles) et l’un des plus grands systèmes fluviaux du monde, a géré ses pêches selon la même législation. Cela a changé le 21 juin, lorsqu'une loi modifiée sur les pêches est entrée en vigueur, amenant la gestion des pêches canadiennes au XXIe siècle dans le but de reconstituer les espèces de poissons épuisées, d'intégrer les connaissances autochtones et d'améliorer et de moderniser la gestion des pêches.

Pour en savoir plus sur les effets de ce projet de loi sur l’écosystème océanique et l’économie océaniques du Canada, Peter Baker, qui dirige les travaux des Pew Charitable Trusts sur la conservation de la vie marine en Nouvelle-Angleterre et dans le Canada atlantique, a rencontré Katie Schleit, conseillère principale en matière de pêche chez Oceans North. Organisation de conservation basée au Canada. Cette interview a été modifiée pour plus de clarté et de longueur.

Q: Pourquoi ces modifications à la Loi sur les pêches sont-elles importantes?

UNE: Ces modifications rétablissent les protections de l'habitat qui avaient été retirées de la loi en 2012, une mesure facilitant les activités industrielles dans l'habitat du poisson. La loi modifiée exige maintenant que le gouvernement utilise des pratiques de gestion modernes et optimales pour les pêcheries. Il consacre l'approche de précaution et l'approche par écosystème, ainsi que l'obligation de reconstituer les plans de reconstitution des stocks à un niveau extrêmement bas.

Q: Quels changements les gens verront-ils sur l'eau?

UNE: L'une des pièces importantes est la restauration de l'habitat de la pêche. Nous espérons que le gouvernement examinera de plus près les activités industrielles et autres qui dégradent l'habitat du poisson, et que nous évaluerons davantage l'impact de ces activités sur l'environnement. Deuxièmement, nous espérons voir la reconstitution des stocks de poissons car le gouvernement doit élaborer des plans de reconstitution des pêches. À l'heure actuelle, bon nombre de nos stocks de poisson sont à des niveaux extrêmement bas, et la mise en place de ces plans de reconstitution est une première étape pour nous assurer que davantage de poissons soient disponibles pour le public canadien.

Q: La nouvelle loi aidera-t-elle les petits pêcheurs? Petites entreprises?

UNE: Cela aidera les deux pays de l'Atlantique. Un autre élément important de la Loi sur les pêches est l’adoption d’une politique visant à empêcher les entreprises de pêche propriétaires-exploitants de contrôler les licences et l’intégration verticale des entreprises de transformation du poisson. Désormais, les propriétaires de navires vont exploiter le navire et contrôler les licences, ce qui signifie que les communautés côtières peuvent protéger leurs droits et leur accès au poisson.

Au Canada atlantique, il y a environ 10 000 pêcheurs indépendants et cette loi protège leur accès aux permis et empêche les propriétaires qui ne sont pas sur l'eau, qui ne vivent pas dans la communauté, de posséder et d'exploiter des permis de pêche.

Q: Les modifications aideront-elles à reconstituer les stocks de poisson, en particulier dans le Canada atlantique, où un grand nombre d'espèces sont épuisées?

UNE: Nous l'espérons bien. Face au changement climatique et à d'autres pressions, il est important de disposer de plans de reconstruction majeurs, car le changement climatique est là et a des impacts. Environ 28 ans après l'effondrement de la morue du Nord, il n'y a toujours pas de plan de construction pour le stock, qui reste extrêmement bas. Le nouveau mandat légal pour les plans de reconstitution nous permet de nous engager davantage sur la voie de la reconstitution de certaines de ces espèces.

Il y a 47 stocks extrêmement bas au Canada et 20 dans le Canada atlantique. Il faut beaucoup d’action pour que ces espèces puissent se reconstituer.

Q: Comment les modifications traitent-elles du savoir autochtone et pourquoi est-ce important pour l'avenir de l'industrie de la pêche au Canada?

UNE: La loi reconnaît les droits constitutionnels des peuples autochtones et leurs droits historiques de pêcher et prend en compte les connaissances autochtones dans des politiques distinctes des autres connaissances scientifiques. La réconciliation du Canada repose en partie sur plus de 150 ans de gestion coloniale, mais il reste encore beaucoup à faire. Plus précisément, veillez à ce que la Loi sur les pêches respecte les exigences de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Q: Nous entendons beaucoup parler des espèces de poissons qui se déplacent vers le nord en raison du réchauffement de leurs eaux. Comment les gestionnaires canadiens et américains devraient-ils travailler ensemble pour gérer les espèces que nous partageons sur la côte Est?

UNE:Il est de plus en plus important que le Canada et les États-Unis partagent leurs connaissances scientifiques sur la santé des stocks de poisson et les effets du changement climatique. En outre, les décideurs devraient réfléchir à la quantité de poisson retirée des eaux des deux pays lorsqu’ils élaborent une politique pour leur pays. Ce sera mieux pour tout le monde que de prendre une approche «votre poisson et mon poisson».

Q: Quelles sont les prochaines étapes?

UNE: La prochaine étape est l'élaboration de divers règlements. Par exemple, nous nous attendons à ce que la réglementation impose des délais pour l’élaboration de plans de reconstitution et établisse le temps nécessaire à la reconstitution des pêcheries.

Q: Comment ces règlements devraient-ils être adoptés? Et que pensez-vous de l'avenir des espèces de poissons du Canada atlantique?

UNENous espérons que les stocks atteindront des niveaux dangereusement bas, ce qui se traduira par une plus grande disponibilité de poisson pour les Canadiens, le secteur de la pêche, les pêcheurs sportifs et l’écosystème sur lequel reposent ces espèces. Nous vivons une période difficile avec beaucoup de stocks à un niveau si bas qu'il est difficile de savoir si ces espèces peuvent revenir au niveau où elles étaient auparavant.

Il y a aussi des menaces croissantes du changement climatique. Mais là encore, le mandat d'examiner les approches par écosystème et de précaution signifie que les décisions relatives à la pêche ne doivent pas être prises de manière isolée. Le poisson est essentiel à la santé de l'écosystème au sens large, et le ministre doit en tenir compte lors de la fixation des limites de capture pour chaque espèce.

Q: Que peut faire un pays en améliorant ses politiques pour mieux conserver les populations de poissons sauvages?

UNE: Avoir une loi modernisée conforme aux meilleures pratiques de gestion est une bonne chose pour le pays, ses stocks de poisson et ses habitants. La Loi sur les pêches stipule que le poisson est géré pour le bien public. Pas un secteur ou un individu ne les possède.

Un seul pays est en mesure de faire – de nombreuses questions relatives à la pêche nécessitent des solutions globales – mais il serait utile de disposer de lois nationales obligeant le gouvernement à rendre des comptes. Nous l’avons vu avec la loi américaine Magnuson-Stevens, une loi nationale qui profite à la position américaine en matière de pêche à l’échelle mondiale. Le Canada a une loi nationale forte qui l'aidera à devenir un acteur international plus fort.

Q: Quelque chose que vous voudriez ajouter?

UNE: C'est un moment historique pour le Canada et pour la gestion des pêches. Espérons qu'à l'avenir, les bonnes décisions soient prises et que la réglementation permettra le type de décisions de gestion dont nos stocks de poissons ont besoin.

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